Relu par le comité scientifique de Resilio Health · Mis à jour le 20/10/2026
On vous a prescrit une hormonothérapie après votre cancer du sein, pour 5 ans, parfois 10. C’est souvent à ce moment que l’on se sent le plus seule : les traitements lourds sont terminés, les rendez-vous s’espacent, mais un comprimé quotidien et ses effets secondaires s’installent pour longtemps. Ce guide rassemble l’essentiel pour comprendre votre traitement et mieux le vivre au quotidien.
À quoi sert l’hormonothérapie ?
Environ 70 % des cancers du sein sont dits « hormonodépendants » : leurs cellules portent des récepteurs aux œstrogènes ou à la progestérone, qui stimulent leur croissance. L’hormonothérapie bloque l’action de ces hormones, ou en réduit la production, pour limiter le risque que la maladie revienne. Selon l’Institut Curie, elle réduit d’environ 40 % le risque de rechute et de 30 % le risque de décès, y compris sur le long terme.
Les trois familles de traitements
- Le tamoxifène (anti-œstrogène) : un comprimé par jour, surtout chez les femmes non ménopausées, pendant 5 à 10 ans.
- Les inhibiteurs de l’aromatase (anastrozole, létrozole, exémestane) : un comprimé par jour chez les femmes ménopausées, pendant 5 à 10 ans.
- Les agonistes de la LH-RH : une injection mensuelle ou trimestrielle chez les femmes jeunes, parfois associée à l’un des traitements ci-dessus. Ils provoquent une ménopause artificielle temporaire.
Le choix du traitement et sa durée dépendent de votre situation. Seul votre oncologue peut les décider ou les modifier.
Les effets secondaires les plus fréquents
Beaucoup d’effets secondaires s’expliquent par la baisse des œstrogènes elle-même, plus que par une toxicité du médicament. Ils varient d’une femme à l’autre :
- Communs à tous les traitements : fatigue, troubles du sommeil, prise de poids modérée, troubles de la mémoire ou de la concentration, difficultés sexuelles.
- Sous inhibiteur de l’aromatase : douleurs articulaires et musculaires, raideurs, fragilisation des os, bouffées de chaleur, sécheresse vaginale.
- Sous tamoxifène : bouffées de chaleur, crampes, pertes vaginales, cycles irréguliers ; plus rarement, risque de phlébite.
Dans l’enquête menée par Resilio Health auprès de 72 femmes sous hormonothérapie (mars 2026), la fatigue (70 %) et les douleurs articulaires (59 %) arrivent en tête, devant les bouffées de chaleur (52 %) et les troubles du sommeil (48 %).
Ce qui peut vous aider au quotidien
- Bouger régulièrement. L’activité physique adaptée est l’un des leviers les plus solides contre la fatigue et les douleurs articulaires. Voir notre article dédié.
- Prendre soin de vos os. Un apport suffisant en calcium et en vitamine D est souvent recommandé ; votre médecin peut prescrire une ostéodensitométrie.
- Parler des bouffées de chaleur. Des solutions existent (acupuncture, hypnose, traitements non hormonaux). Évitez les compléments à base de phyto-œstrogènes sans avis médical.
- Noter vos symptômes. Garder une trace de votre fatigue, de vos douleurs ou de votre sommeil permet d’en parler précisément en consultation.
- Ne pas rester seule. Les soins de support (psychologue, diététicien, enseignant en activité physique adaptée, socio-esthétique) sont là pour vous.
Ne jamais arrêter sans en parler
Lorsque les effets secondaires pèsent, l’envie d’arrêter ou d’espacer les prises est fréquente : dans notre enquête, près d’une femme sur cinq a déjà modifié ou interrompu son traitement sans avis médical. Or arrêter avant la durée prévue réduit le bénéfice du traitement. Si vous êtes en difficulté, parlez-en à votre oncologue ou à votre médecin traitant : des ajustements sont souvent possibles.
Sources : Institut Curie, livret « L’hormonothérapie des cancers du sein » (2021) ; Resilio Health, white paper « Digital Support for Breast Cancer Survivorship » (mars 2026).
Cet article informe et ne remplace pas l’avis de votre médecin.