Relu par le comité scientifique de Resilio Health · Mis à jour le 20/10/2026
Pour beaucoup de femmes, les traitements du cancer du sein provoquent une ménopause, ou en accentuent les effets : brutalement, parfois très tôt, et sans la transition progressive d’une ménopause naturelle. Ce sujet était au cœur de la Soirée Experts organisée par le Centre Ressource d’Aix-en-Provence le 4 juin 2026, à laquelle Resilio Health a participé. Voici ce qu’il faut en retenir.
Pourquoi parle-t-on de ménopause « induite » ?
La chimiothérapie peut interrompre le fonctionnement des ovaires. L’hormonothérapie, elle, bloque l’action des œstrogènes ou en réduit la production ; chez les femmes jeunes, les injections d’agonistes de la LH-RH mettent volontairement les ovaires au repos. Dans tous les cas, le corps se retrouve privé d’œstrogènes, souvent du jour au lendemain. C’est cette chute brutale qui rend les symptômes plus intenses que lors d’une ménopause naturelle.
Les symptômes les plus fréquents
- bouffées de chaleur et sueurs nocturnes ;
- troubles du sommeil et fatigue ;
- sécheresse vaginale, douleurs pendant les rapports, baisse de la libido ;
- douleurs articulaires et raideurs ;
- variations d’humeur, difficultés de concentration ;
- prise de poids.
Des risques silencieux à ne pas négliger
Lors de la soirée, le Dr Emmanuelle Tomatis a rappelé que la ménopause, naturelle ou induite, est bien plus qu’un arrêt des règles. La baisse des œstrogènes fragilise les os et augmente le risque cardiovasculaire, deux risques encore sous-estimés. Son message : briser le tabou, dépister tôt et écouter vraiment les patientes. En pratique, votre médecin peut vous proposer une ostéodensitométrie et un bilan cardiovasculaire et lipidique.
Quand les effets secondaires font décrocher
Le Dr Jacques Bassier a souligné qu’une part importante des patientes arrête son hormonothérapie avant la durée prévue, et que les effets secondaires mal pris en charge en sont la première cause. Il a présenté des approches qui associent activité physique structurée, nutrition et accompagnement multidisciplinaire. Ces approches se discutent toujours avec votre équipe soignante, au cas par cas.
Ce que vous pouvez faire
- En parler sans attendre. Les symptômes de la ménopause induite ne sont pas une fatalité à supporter en silence : votre oncologue, votre gynécologue ou votre médecin traitant peuvent proposer des solutions non hormonales adaptées à votre cancer.
- Bouger. L’activité physique adaptée aide contre la fatigue, les douleurs articulaires et protège les os et le cœur.
- Prendre soin de vos os. Calcium, vitamine D, exercices en charge : demandez conseil à votre médecin.
- Ne pas utiliser de traitement hormonal ni de phyto-œstrogènes sans avis médical : après un cancer du sein hormonodépendant, ils peuvent être contre-indiqués.
- Suivre vos symptômes pour en parler précisément en consultation.
Merci au Centre Ressource, au Dr Jean-Loup Mouysset, au Dr Emmanuelle Tomatis et au Dr Jacques Bassier pour cette soirée.
Sources : Soirée Experts du Centre Ressource, Aix-en-Provence, 4 juin 2026 ; Institut Curie, livret « L’hormonothérapie des cancers du sein » (2021).
Cet article informe et ne remplace pas l’avis de votre médecin.